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Alama Report – Sénégal · Numéro 0 · jeudi 15 octobre 2026

Le Sénégal chiffre sa dette à 105 % du PIB après la révision de ses statistiques

La semaine en un chiffre : 105,3 % : la dette de l’administration centrale et des entreprises publiques du Sénégal fin 2025, rapportée au PIB après la révision des comptes nationaux, selon les chiffres présentés aux créanciers extérieurs le 6 octobre.

Cinq sujets

1 · Macroéconomie et prix
105 %

Le Sénégal chiffre sa dette à 105 % du PIB après la révision de ses statistiques

La dette de l’administration centrale et des entreprises publiques du Sénégal atteignait 27 130 milliards de FCFA (41 milliards d’euros) à fin 2025, soit 105,3 % d’un PIB révisé à 25 770 milliards de FCFA (39 milliards d’euros), selon les chiffres présentés le 6 octobre lors d’une réunion avec les créanciers extérieurs et rapportés par Seneweb. La dette extérieure s’élevait à 18 390 milliards de FCFA (28 milliards d’euros), soit 71,4 % du PIB. L’accord au niveau des services conclu le 1er septembre avec le Fonds monétaire international (FMI) pour une facilité élargie de crédit (FEC) de 2,2 milliards de dollars reste soumis à l’approbation du conseil d’administration du FMI.

Analyse : Avant la révision à la hausse du PIB, estimée à environ 20 %, l’endettement du Sénégal aurait atteint entre 124 % et 126 % du PIB. La révision fait baisser le ratio dette/PIB sans modifier le montant dû. Les créanciers extérieurs détiennent environ deux tiers de la dette totale ; les 8 740 milliards de FCFA (13 milliards d’euros) restants ne sont pas forcément tous libellés en francs CFA. Des accords de principe avec les créanciers pourraient être conclus en décembre, selon une source citée par Le Soleil, tandis que le FMI n’a pas encore fixé la date à laquelle son conseil d’administration examinera le programme de financement proposé.

Source : Ministère des Finances et du Budget, présentation aux créanciers du 6 octobre 2026 (via Seneweb) ; FMI, communiqué 26/282 du 1er septembre 2026

2 · Commerce extérieur
10 %

Tirés par le blé, les cours mondiaux des denrées importées par l’UEMOA progressent de 10 % sur un an

Les cours mondiaux des principaux produits alimentaires importés par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont progressé de 10,0 % en francs CFA sur un an en juillet 2026, a indiqué la banque centrale régionale, la BCEAO, dans sa note mensuelle de conjoncture d’août. Les cours du blé ont grimpé de 21,7 %, ceux des huiles végétales de 12,4 % et ceux du riz de 10,4 %, tandis que les prix du lait et du sucre ont reculé respectivement de 7,8 % et de 7,5 %.

Analyse : La hausse s’est accélérée en juillet, l’indice progressant de 4,7 % sur un mois, essentiellement sous l’effet du renchérissement du blé et du riz. Au Sénégal, les prix des produits alimentaires et des boissons n’ont pourtant augmenté que de 0,9 % sur un an en septembre, ce qui laisse penser que le renchérissement mondial n’a pas encore été entièrement répercuté sur les consommateurs. Les minotiers et les importateurs de riz sont généralement les premiers à subir la hausse des coûts d’importation. Les prix à la consommation d’octobre, que l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) devrait publier vers le 10 novembre, pourraient montrer plus clairement si ces hausses se transmettent aux prix payés par les ménages.

Source : BCEAO, note mensuelle de conjoncture économique dans les pays de l’UEMOA, août 2026 (données de juillet) ; ANSD, indice des prix à la consommation, septembre 2026

3 · Agriculture et engrais
13 000 t

Vallée du fleuve Sénégal : 13 000 tonnes de riz restent à écouler, selon le ministre

Quelque 13 000 tonnes de riz restent invendues dans la vallée du fleuve Sénégal, a indiqué le 8 octobre le ministre de l’Agriculture, Cheikhou Oumar Ba, selon l’agence de presse publique APS. La SAED, chargée de l’aménagement de la vallée, avait estimé les stocks de riz blanc à 37 000 tonnes en juillet, lorsque le gouvernement a suspendu pour un mois les déclarations d’importation de riz afin d’encourager l’achat de la production locale. Lors d’une réunion le 8 juillet, le ministère de l’Industrie et du Commerce a réparti les stocks disponibles entre les importateurs à un prix d’achat fixé à 280 FCFA (0,43 euro) le kilo, a rapporté la RTS.

Analyse : Si les chiffres portent sur les mêmes stocks, environ les deux tiers du riz disponible en juillet ont depuis été vendus, ce qui laisse dans la vallée un reliquat estimé à 3,6 milliards de FCFA (5,5 millions d’euros) au prix d’achat convenu. Ces mesures visaient à écouler les stocks nationaux tout en limitant les nouvelles commandes à l’importation. Le ministère de l’Industrie et du Commerce n’a pas encore précisé si la suspension des déclarations d’importation avait été prolongée au-delà de la période initiale d’un mois, ce qui laisse les importateurs dans l’incertitude quant aux modalités d’achat pour le dernier trimestre 2026.

Source : Ministre de l’Agriculture (via l’APS, 8 octobre 2026) ; réunion au ministère de l’Industrie et du Commerce sur le riz local, 8 juillet 2026 (via la RTS)

4 · Agriculture et engrais
227 jours

Le Sénégal rouvre les importations d’oignons sous quotas après 227 jours de gel

Le Sénégal a repris ses importations d’oignons le 31 août, mettant fin à un gel de 227 jours instauré le 16 janvier pour aider les producteurs locaux à écouler leur récolte, a indiqué le ministère de l’Industrie et du Commerce. Les importations sont désormais soumises à des quotas gérés par l’Agence de régulation des marchés (ARM), avec des autorisations valables jusqu’au 31 décembre, selon Senego. L’ARM avait par ailleurs fixé en juillet un prix plafond de 9 000 FCFA (14 euros) pour le sac d’oignons de 25 kilogrammes, soit 360 FCFA (0,55 euro) le kilo.

Analyse : La nouvelle période d’importation dure 122 jours, ce qui laisse aux négociants jusqu’à fin décembre pour organiser leurs expéditions, dédouaner leurs marchandises et les vendre sans dépasser le prix plafond réglementé. Au 31 octobre, la moitié de cette période sera écoulée, ce qui pourrait comprimer les délais de livraison des importateurs, tandis que les producteurs locaux se demandent quand mettre leurs oignons stockés sur le marché. L’ARM n’a pas encore publié les volumes couverts par les quotas d’importation, ce qui laisse les négociants dans l’incertitude sur les quantités qu’ils pourront faire entrer dans le pays avant l’expiration des autorisations, le 31 décembre.

Source : Ministère de l’Industrie et du Commerce, 31 août 2026 (via Dakaractu et Senego) ; ARM, prix plafond du 27 juillet 2026 (via Senego)

5 · Énergie, pétrole et gaz
−23 %

Sénégal : la prévision de production pétrolière de Sangomar suppose une baisse de 23 % au second semestre

Le gisement pétrolier sénégalais de Sangomar a produit 17,9 millions de barils au premier semestre 2026, ce qui le met en passe de dépasser la prévision initiale de production annuelle, fixée à 28,1 millions de barils. Le ministère de l’Énergie a ensuite relevé son objectif annuel à 31,6 millions de barils, selon un article publié le 7 juillet par Dabafinance. Ce volume resterait inférieur aux quelque 36,2 millions de barils produits en 2025. L’opérateur Woodside a fait état d’une production moyenne de 99 000 barils par jour au premier semestre, tandis que, selon les chiffres officiels, les exportations ont atteint 2,97 millions de barils en août et 2,94 millions en septembre.

Analyse : La prévision annuelle révisée suppose une production d’environ 13,7 millions de barils au second semestre, soit 2,3 millions de barils par mois, quelque 23 % de moins qu’au premier semestre. Les exportations sont pourtant restées proches de 3 millions de barils en août comme en septembre, ce qui laisse penser que la production pourrait dépasser le rythme prévu par le ministère. Un ralentissement d’ici à la fin de l’année pourrait réduire les volumes exportés et les recettes de l’État, tandis que le maintien de la production laisserait entrevoir un total annuel plus élevé. Le rapport de Woodside sur la production du troisième trimestre, attendu le 20 octobre, devrait permettre d’y voir plus clair sur les performances du gisement entre juillet et septembre.

Source : Woodside Energy, rapport semestriel 2026 ; ministère de l’Énergie et du Pétrole, déclarations et chiffres mensuels des hydrocarbures (via Dabafinance, SenePlus, APA et Le Soleil)

Graphique de la semaine
Hausse des prix à la consommation, en % sur un an, de mars à septembre 2026
marsavr.maijuinjuil.aoûtsept.
Inflation au Sénégal, % sur un an. Source : ANSD, notes mensuelles de l’indice des prix à la consommation, mars à septembre 2026 (via la presse).
Appel d'offres de la semaine

Travaux de construction et de réhabilitation d’établissements scolaires à Dakar, Thiès et Kaolack (6 lots)

Acheteur
ADM
Objet
Construction et réhabilitation de lycées et de collèges d’enseignement moyen (CEM) en six lots, chaque lot faisant l’objet d’une attribution séparée ; appel d’offres ouvert lancé par l’Agence de développement municipal (ADM) dans le cadre d’un programme d’infrastructures scolaires financé par un prêt de l’AFD.
Montant
Non publié
Financement
Prêt de l’AFD
Clôture
lundi 7 décembre 2026
Avis officiel
Cette semaine dans Alama Pro
  • Dossier : l’objectif de 250 000 tonnes d’arachide de la SONACOS exige environ 76 milliards de FCFA au prix de la dernière campagne
  • 15 sujets avec leurs calculs, des prix des denrées importées et de la dette au pétrole, aux mines, aux ports et aux télécoms
  • Sept indicateurs de suivi et les 14 appels d’offres publics que nous suivons, avec leurs dates limites et les attributions récentes
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